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Arbres

Comment tailler un olivier trop haut en douceur

Pour tailler un olivier trop haut sans le brusquer, rabattez-le en deux à trois saisons. On enlève d’abord 20 à 30 % du volume, puis on reconstruit des charpentières plus basses.

Par · 7 min · Mis à jour le 17/08/2026

Olivier trop haut en cours de rabattage dans un jardin français

Rabattre sans casser l’arbre

Si votre olivier est devenu trop haut, ne coupez pas tout d’un coup. La bonne méthode consiste à rabattre sur 2 à 3 ans. La première saison, vous retirez surtout la hauteur inutile et le bois qui déséquilibre la silhouette, sans dépasser 20 à 30 % du volume. Vous gardez toujours des branches feuillées à plusieurs niveaux pour nourrir l’arbre.

Sur un sujet délaissé, on vise une hauteur finale réaliste, souvent 2,5 à 3,5 m dans un jardin, selon l’accès, le vent et votre façon de récolter. Si l’olivier dépasse 5 m, on choisit d’abord trois à cinq charpentières qu’on veut conserver, puis on rabat au-dessus d’un départ latéral vivant. Une coupe juste au milieu d’un vieux tronc nu provoque souvent une touffe de rejets raides et mal placés.

Le bon moment se situe après les fortes gelées et avant la chaleur sèche, en général mars à avril dans beaucoup de régions. En climat doux méditerranéen, on peut commencer un peu plus tôt. En zone froide ou en fond de vallée, attendez que le risque de gel sévère soit passé. Une grosse coupe faite juste avant -5 °C laisse des plaies qui noircissent et du bois qui recule.

  • Gardez une forme aérée, avec de la lumière au centre.
  • Répartissez les coupes sur plusieurs charpentières, pas sur une seule face.
  • Conservez du feuillage bas pour éviter que toute la sève parte en chandelles.

Choisir ce que vous gardez

Avant de sortir la scie, tournez autour de l’arbre. Repérez le tronc principal, les charpentières saines, les grosses branches fendues, et les départs latéraux bien orientés. Le principe est simple : on garde les branches solides qui peuvent reprendre le rôle de sommet, mais à une hauteur plus basse. Une réduction réussie repose plus sur ce choix que sur la netteté des coupes.

Sur un olivier âgé, le vieux bois repart, mais pas partout ni avec la même vigueur. Si vous avez un sujet greffé, surveillez les repousses très basses sur le tronc ou au pied. Elles peuvent venir du porte-greffe. Elles poussent fort, redressent vite l’ensemble, mais elles ne donnent pas la même variété. Nous les supprimons tôt si elles partent sous le point de greffe.

Les branches à retirer d’abord

Commencez par le bois mort, les branches qui se croisent et celles qui montent tout droit sans ramification utile. Ensuite, enlevez une ou deux têtes trop hautes, jamais toutes. Sur un arbre en plein vent, gardez une silhouette légèrement dissymétrique si c’est sa tenue naturelle. Sur sol riche et arrosé, l’olivier réagit plus fort, donc on coupe un peu moins sévèrement la première année.

Ce qu’on a vu chez nous

En 2022, sur un olivier 'Aglandau' laissé sans taille depuis presque dix ans, haut d’environ 4,8 m, nous avons réduit à 3,6 m la première saison. Les coupes faites au-dessus de latéraux de 4 à 6 cm ont bien cicatrisé. Une grosse coupe de 12 cm sur vieux bois nu, elle, a donné beaucoup de rejets verticaux et peu de rameaux utiles.

Faire les coupes qui repartent bien

Quand vous rabattez un olivier, coupez au-dessus d’une branche latérale déjà vivante, idéalement au moins un tiers du diamètre de la branche supprimée. C’est elle qui reprend la circulation de sève et évite un chicot sec. Sur les grosses sections, travaillez proprement : une entaille par dessous, puis la coupe par dessus un peu plus loin, puis la coupe de finition au ras du renflement de la branche, sans entamer le collet.

Évitez les coupes plates sur le dessus d’une charpentière et les moignons de 10 à 20 cm. Ils sèchent, fendent, et deviennent des points d’entrée pour les pourritures. L’olivier supporte bien la taille, mais il ne referme pas vite une grosse plaie inutile. Nous n’appliquons pas de mastic sur les coupes ordinaires. En revanche, nous évitons de tailler juste avant une longue période de pluie froide.

  • Sécateur pour les rameaux jusqu’à 2 cm.
  • Ébrancheur pour 2 à 4 cm.
  • Scie arboricole pour le vieux bois et les coupes nettes.
Le piège

Rabattre tous les sommets à la même hauteur en une seule journée donne un arbre bas, mais aussi une couronne de rejets verticaux très serrés. L’année suivante, on passe plus de temps à corriger qu’à entretenir. Mieux vaut laisser des niveaux différents et quelques sorties latérales déjà en place.

Ce que l’olivier fera après

Après une réduction de hauteur, l’olivier réagit par des repousses vigoureuses, surtout près des grosses coupes et sur le dessus des charpentières. C’est normal. Le but n’est pas de tout enlever tout de suite, mais de choisir. En fin de printemps puis au milieu de l’été, vous gardez quelques pousses bien orientées vers l’extérieur et vous pincez ou supprimez les autres quand elles sont encore tendres.

Si vous laissez toutes les repousses, l’arbre remonte vite à la même hauteur et se referme au centre. Si vous les retirez toutes, vous épuisez la branche et vous relancez des départs encore plus raides. Sur un sujet très vigoureux, nous gardons souvent 1 à 2 pousses par zone de coupe, espacées de 15 à 25 cm, pour reconstruire un volume plus bas. La seconde année, on raccourcit ces nouvelles branches pour les faire ramifier.

Après la taille, côté sol et arrosage

Un olivier adulte supporte la sécheresse, mais après un rabattage il reprend mieux avec un sol simplement frais au printemps. En sol sableux, un arrosage copieux mais espacé aide la repousse, autour de 20 à 40 litres selon la taille de l’arbre et la météo. En argile lourde, nous arrosons moins et jamais si la terre reste froide et collante. Un paillage minéral ou organique léger limite les à-coups, sans coller au tronc.

Selon le climat et le terrain

Le même rabattage ne se conduit pas pareil partout. Dans le Sud sec et venté, l’olivier repart vite mais peut griller en bout de pousse si vous taillez trop tard avant une chaleur brutale. Dans le Nord ou près de la Loire, il pousse souvent moins fort et les grosses coupes restent plus sensibles au froid. En bord de mer, le vent salé dessèche les extrémités et accentue les déséquilibres de couronne.

Le sol change aussi la réponse. En terre profonde, fertile et arrosée, la repousse est forte, parfois trop. Vous devrez éclaircir davantage les jets verticaux. En terre maigre, caillouteuse, l’arbre redémarre plus lentement, donc on garde plus de feuillage la première année. En pot ou en grand bac, je déconseille un rabattage sévère de la ramure sans revoir en même temps l’équilibre racines, substrat et arrosage.

SituationPériode de coupeIntensité conseillée
Climat doux méditerranéenfin février à marsjusqu’à 30 % du volume si l’arbre est sain
Climat avec gels réguliersmars à avril20 à 25 %, puis observation de la reprise
Sol riche, arroséprintemps stablemodérée, car les rejets seront nombreux
Sol pauvre, secprintemps douxprudente, avec plus de feuillage conservé

Si votre olivier penche déjà d’un côté, corrigez en deux saisons. Une réduction trop forte du côté opposé peut aggraver la prise au vent. Nous préférons rééquilibrer par masses, en retirant un peu de hauteur d’un côté et un peu de longueur de l’autre, plutôt que de chercher une symétrie stricte.

Le programme sur deux saisons

La première année, vous faites le gros du travail sans aller au bout de la réduction finale. Visez la sécurité, la lumière et une hauteur déjà plus gérable. La seconde année, vous sélectionnez les nouvelles branches qui construiront la forme basse. Si l’arbre était vraiment abandonné, une troisième petite campagne de correction est souvent plus propre qu’un rabattage brutal dès le départ.

  1. Année 1, mars à avril : suppression du bois mort, retrait des branches qui croisent, baisse de la hauteur de 0,8 à 1,5 m selon le sujet, sans dépasser 30 % du volume.
  2. Année 1, juin : tri des rejets trop verticaux, conservation des mieux placés, aération légère du centre.
  3. Année 2, mars : nouveau rabattage sur les charpentières encore trop hautes, raccourcissement des pousses gardées pour provoquer des ramifications.
  4. Année 2, été : contrôle des gourmands, maintien d’une couronne ouverte et plus basse.

Ce qui rate le plus souvent est simple. On coupe trop fort, on coupe trop tard, ou on ne revient pas l’année suivante. Un olivier rabattu demande un suivi. Sans ce second passage, il remonte vite. Avec deux saisons bien menées, vous obtenez un arbre plus bas, plus accessible et moins dense, sans l’avoir vidé d’un coup.

Si on ne retient qu'une chose
  • Rabattez sur 2 à 3 saisons, pas en une seule fois.
  • Ne retirez pas plus de 20 à 30 % du volume la première année.
  • Coupez au-dessus d’une branche latérale vivante, pas sur un vieux moignon.
  • Revenez en juin puis l’année suivante pour trier les rejets.
Où vérifier
  • Rustica, ouvrages et fiches de taille des arbres fruitiers et de l’olivier, repères de période et de conduite
  • Larousse agricole, conduite de l’olivier, notions de taille, charpentières et fructification
  • Société Nationale d’Horticulture de France, ressources horticoles sur la taille et la physiologie des arbres
  • CTIFL, références techniques sur l’olivier, végétation, fructification et conduite du verger
Claire Vasseur Pépiniériste, fondatrice

Claire Vasseur a repris les planches familiales en 2013, après dix années passées en pépinière de production dans le Val de Loire. Elle suit surtout les arbres et les arbustes, leur reprise,...

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Peut-on couper la tête d’un olivier d’un coup ?

Oui, techniquement, mais c’est rarement la bonne solution. Une décapitation nette sur vieux bois déclenche souvent beaucoup de rejets verticaux, serrés et fragiles. Vous gagnez de la hauteur tout de suite, puis vous perdez du temps à corriger. Sur un arbre de jardin, mieux vaut réduire progressivement en s’appuyant sur des branches latérales déjà vivantes. La reprise est plus lisible et la future charpente tient mieux.

Est-ce que mon olivier va refaire des olives après un rabattage ?

Souvent oui, mais pas tout de suite de la même façon. Après une taille de réduction, l’arbre consacre d’abord son énergie à refaire du bois et des feuilles. La fructification peut baisser pendant une à deux saisons, surtout si vous avez beaucoup coupé. Ensuite, si la couronne est bien éclairée et les repousses correctement triées, la mise à fruit revient sur les rameaux de l’année précédente.

Faut-il désinfecter les outils pour tailler un olivier ?

Oui, surtout si vous passez d’un arbre à l’autre ou si vous voyez du bois noirci, des chancres ou des rameaux qui sèchent sans raison claire. Une lame propre coupe mieux et limite les déchirures. Entre deux sujets, un nettoyage à l’alcool ou à l’eau de Javel très diluée puis un essuyage suffit. Sur un seul arbre sain, l’essentiel reste d’avoir un outil affûté et une coupe nette.

Mon olivier fait des rejets au pied après la taille, je les garde ?

En général non, sauf si vous cherchez à reformer complètement un sujet franc de pied. Sur un olivier greffé, les rejets du pied ou du bas du tronc risquent de venir du porte-greffe et ne donneront pas la même variété. Ils prennent vite de la vigueur et détournent la sève. Supprimez-les jeunes, au plus près de leur point de départ, avant qu’ils ne lignifient.

Peut-on rabattre un olivier en automne ?

Je l’évite pour une grosse réduction de hauteur. En automne, surtout hors climat très doux, les plaies abordent l’hiver sans vraie reprise de croissance. Si un coup de froid arrive, les extrémités peuvent reculer. Pour un simple nettoyage léger, pourquoi pas, mais pour rabattre un olivier trop haut, la meilleure fenêtre reste la sortie d’hiver ou le début du printemps, une fois les fortes gelées passées.

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