Comment tailler un figuier pour des fruits et de la place
Taillez le figuier à la fin de l’hiver, gardez 4 à 6 charpentières, aérez le centre et raccourcissez surtout le bois trop long. Sur un jeune sujet, formez. Sur un adulte, contenez sans le vider.
Par Claire Vasseur · 8 min · Mis à jour le 17/08/2026
Tailler au bon moment
Pour tailler figuier sans perdre toute la récolte, intervenez entre fin février et mi-mars, quand les fortes gelées sont passées mais avant la reprise nette de la sève. En climat doux, on peut commencer un peu plus tôt. En région froide ou en fond de vallée, attendez que les nuits les plus dures soient derrière vous. Le bois de figuier reste sensible après coupe, surtout sur jeunes sujets.
Le but est simple : garder de la place, laisser entrer la lumière, et éviter que l’arbre parte en longues cannes stériles. Sur beaucoup de variétés, les figues se forment sur le bois de l’année et sur du bois d’un an selon le type de récolte. Si vous rabattez tout court, vous gagnez de la place une saison, mais vous perdez souvent des fruits. En taille arbre fruitier, le figuier demande donc une main plus légère qu’un pommier.
- Choisissez un jour sec, hors gel.
- Désinfectez le sécateur si vous passez d’un arbre malade à un arbre sain.
- Coupez net au-dessus d’un départ latéral ou d’un bourgeon tourné vers l’extérieur.
- Évitez les grosses plaies de plus de 4 à 5 cm si vous pouvez les remplacer par plusieurs petites coupes.
Former un jeune figuier
Les trois à quatre premières années, vous construisez la charpente. Nous visons un gobelet bas et large, plus simple à cueillir et moins encombrant qu’un axe haut. Gardez 4 à 6 branches charpentières bien réparties autour du tronc, espacées si possible de 15 à 25 cm en hauteur. Supprimez les départs qui se croisent, ceux qui plongent vers le sol, et les pousses trop serrées au centre.
Si vous plantez un scion ou un jeune plant à une tige, rabattez à 60 à 80 cm du sol pour forcer des départs latéraux. L’année suivante, choisissez les futures charpentières. Raccourcissez-les d’un tiers si elles ont filé sans se ramifier. Sur sol riche ou après un printemps humide, le figuier pousse fort. Dans ce cas, mieux vaut pincer en été quelques extrémités trop longues plutôt que tailler sévèrement en hiver.
Ce qu’on retire d’abord
Sur un jeune arbre, retirez toujours le bois faible avant de raccourcir le bois fort. Cela change tout. Si vous raccourcissez d’abord, l’arbre répond souvent en produisant encore plus de vigueur. Nous en avons fait l’essai sur des plants trop nourris en conteneur, le résultat a été le même plusieurs années : plus on rabattait court, plus on récupérait de longues pousses droites et peu de mise à fruit.
En 2022, sur une rangée de 'Madeleine des Deux Saisons', les sujets formés à 5 charpentières entre 70 et 90 cm de haut sont restés cueillables sans escabeau pendant trois saisons. Ceux rabattus plus bas, vers 40 cm, ont drageonné davantage et ont occupé presque 1 mètre de plus en largeur au bout de deux ans.
Contenir un arbre adulte
Un figuier adulte se taille peu, mais régulièrement. Le plus utile est d’enlever chaque fin d’hiver le bois mort, les branches qui se frottent, celles qui rentrent au centre, puis de raccourcir quelques prolongements trop longs. Visez une couronne ouverte, où la lumière entre sans vider complètement l’arbre. En pratique, nous retirons rarement plus de 20 à 25 % du volume en une fois.
Pour garder de la place près d’un mur, d’une allée ou d’un potager, revenez sur une branche latérale bien placée plutôt que de couper au milieu d’un long vide. Cette taille de retour est plus propre et provoque moins de repousses verticales. Si une charpentière part trop loin, raccourcissez-la sur un départ secondaire dirigé vers l’extérieur, de préférence d’au moins un tiers de son diamètre.
- Supprimez à ras les rameaux morts et cassés.
- Éclaircissez le centre en retirant une branche surchargée sur deux, pas toutes.
- Raccourcissez les extrémités qui dépassent de 30 à 60 cm la silhouette voulue.
- Gardez du bois jeune réparti partout, car c’est lui qui renouvelle la fructification.
Sur terrain pauvre et sec, restez mesuré. Une forte taille pousse l’arbre à refaire du bois au détriment des figues. Sur terre profonde, argileuse ou très fumée, ce phénomène est encore plus net. Dans le sud, avec une longue saison, un léger pincement d’été après la première poussée permet souvent de tenir la place sans relance excessive au printemps suivant.
Quand le figuier pousse trop fort
Le figuier trop vigoureux se reconnaît vite : longues pousses droites de 1 à 2 m, peu ramifiées, centre sombre, fruits surtout en bout de branches et récolte difficile. La tentation est de tout raccourcir court. C’est l’erreur classique. Vous obtenez l’année suivante une forêt de gourmands encore plus raides. Mieux vaut calmer l’arbre par étapes sur deux ou trois hivers.
Commencez par retirer quelques grosses branches mal placées, pas plus de deux par an si elles dépassent le poignet. Ensuite, rabattez les cannes les plus longues sur des latérales extérieures. Enfin, en juin ou début juillet, pincez les prolongements les plus exubérants après 5 à 7 feuilles. Ce pincement d’été, testé sur des sujets nourris par un ancien tas de fumier, a mieux contenu le volume qu’une taille courte d’hiver.
Épandre du fumier frais ou un engrais azoté au pied d’un figuier déjà trop vigoureux. Vous gagnerez du feuillage, pas de la place ni forcément des fruits. Sur ce type d’arbre, nous arrêtons tout apport riche pendant un ou deux ans, et nous limitons l’arrosage aux vraies sécheresses sur sujet jeune.
Si l’arbre est vraiment devenu trop grand
Faites une restauration progressive. La première année, ouvrez le centre et abaissez une partie de la couronne. La deuxième, revenez sur ce qui est reparti trop haut. La troisième, remettez du bois jeune à bonne hauteur. Sur un vieux sujet, une remise à plat brutale repart souvent du pied ou des grosses sections, et vous perdez à la fois la forme et la fructification pendant un bon moment.
Les coupes qui gardent des fruits
Pour favoriser la fructification, observez le bois avant de couper. Les rameaux de l’an dernier, bien aoûtés, portent souvent la future production ou préparent celle de l’année suivante selon la variété. Gardez donc des longueurs modérées de bois jeune, réparties tout autour. Supprimez surtout le bois épuisé, les rameaux pendants sans lumière, et les prolongements trop longs qui éloignent la récolte.
Si vous avez un figuier bifère, qui donne une première récolte sur bois formé l’année précédente puis une autre sur les pousses de l’année, soyez encore plus prudent. Une taille trop courte réduit souvent les figues précoces. Sur un unifère, la marge est un peu plus large, mais l’aération reste plus utile qu’un rabattage généralisé.
| Type de figuier | Bois à préserver | Ce qu’on coupe en priorité |
|---|---|---|
| Jeune en formation | 4 à 6 charpentières, rameaux bien placés | Bois faible, branches au centre, départs concurrents |
| Adulte équilibré | Bois jeune réparti, latérales extérieures | Bois mort, frottements, extrémités trop longues |
| Trop vigoureux | Latérales capables de relayer la branche | Gourmands dressés, cannes de 1 à 2 m, grosses branches mal orientées |
| Vieux sujet à reprendre | Charpentières saines encore productives | Réduction brutale de toute la couronne, à éviter |
Nous ne mastiquons pas les petites coupes. Pour les grosses sections, nous cherchons surtout à faire une coupe propre, légèrement inclinée si nécessaire pour éviter l’eau stagnante, et à ne pas en accumuler trop la même année. Le figuier cicatrise mieux quand il n’est pas bousculé par une taille de force.
Erreurs fréquentes et suite l’année d’après
La première erreur est de tailler trop tôt, en plein gel. La seconde est de vouloir remettre un grand figuier à taille humaine en un seul hiver. La troisième est de couper toutes les extrémités au même niveau, comme une haie. Cela épaissit la couronne, remonte la fructification et complique tout. La bonne suite se joue l’année suivante, en observant la réponse de l’arbre.
Après la taille, regardez au printemps où sortent les nouvelles pousses. Si elles partent surtout à la verticale, c’est que vous avez coupé trop court ou trop fort. En juin, supprimez quelques gourmands à la main quand ils sont encore tendres, puis pincez les plus envahissants. Si au contraire l’arbre reste calme et ramifié, contentez-vous d’un entretien léger l’hiver suivant.
Repères de saison à garder
- Fin février à mi-mars, taille principale en climat tempéré.
- Juin à début juillet, pincement des pousses trop vigoureuses.
- Pas plus d’un quart de la ramure retirée en une année sur un sujet établi.
- Deux à trois ans pour reprendre un grand figuier sans le relancer violemment.
Si votre sol est sableux et filtrant, l’arbre est souvent moins exubérant. Taillez alors plus peu, et arrosez seulement les jeunes sujets en vraie sécheresse. En argile profonde ou près d’un apport de compost régulier, soyez plus strict sur la lumière au centre et plus prudent sur les apports nutritifs. C’est souvent là que se joue l’équilibre entre feuillage et fruits.
- Taillez le figuier entre fin février et mi-mars, hors gel.
- Gardez 4 à 6 charpentières sur un jeune sujet et ouvrez le centre.
- Sur un arbre adulte, retirez au plus un quart de la ramure par an.
- Si le figuier file, préférez des retours sur latérales et un pincement en juin.
- Rustica, ouvrages et fiches pratiques sur la taille des fruitiers et la conduite du figuier
- Larousse agricole, repères de culture et de taille des arbres fruitiers
- Baud, Bussi, Le figuier pas à pas, conduite, fructification et taille en jardin
- Société Nationale d’Horticulture de France, ressources horticoles sur les fruitiers et les gestes de taille
Claire Vasseur a repris les planches familiales en 2013, après dix années passées en pépinière de production dans le Val de Loire. Elle suit surtout les arbres et les arbustes, leur reprise,...
Ses autres textesQuestions fréquentes
Ce qu'on nous demande
Est-ce qu’on peut tailler un figuier en automne ?
Ce n’est pas le meilleur moment. En automne, surtout en région froide, les coupes restent exposées avant l’hiver et le bois peut souffrir. Vous pouvez juste enlever du bois mort cassé ou une branche gênante en urgence. Pour la vraie taille, attendez la fin de l’hiver, quand les fortes gelées sont passées. En climat très doux, certains taillent un peu plus tôt, mais nous gardons la même règle de prudence.
Mon figuier ne donne que des feuilles, faut-il le tailler plus fort ?
Pas forcément. Un figuier qui fait surtout du bois réagit souvent à un excès de vigueur, lié au sol, aux apports riches ou à une taille déjà trop sévère. Le recouper fort relance souvent le problème. Mieux vaut éclaircir, raccourcir quelques branches trop longues sur des latérales, arrêter les apports azotés, et pincer en début d’été les pousses les plus exubérantes. La mise à fruit revient plus facilement avec un arbre calmé qu’avec un arbre rabattu.
Faut-il enlever les rejets au pied du figuier ?
Oui, si vous voulez garder un arbre compact et lisible. Les rejets au pied densifient vite la touffe et prennent de la sève. Retirez-les de préférence jeunes, au plus près de leur point de départ. Sur un vieux figuier conduit en cépée, vous pouvez en conserver quelques-uns pour renouveler une vieille branche, mais pas tous. Si vous laissez faire plusieurs années, le pied devient encombrant et la récolte se déplace vers l’extérieur.
Comment tailler un figuier contre un mur ?
Le principe reste le même, mais avec plus de discipline sur la longueur des branches. Gardez quelques bras bien espacés et revenez chaque hiver sur des latérales dirigées dans le plan du mur. Évitez les branches qui se croisent ou qui s’éloignent trop. Un pincement d’été aide beaucoup pour limiter l’épaisseur. Contre un mur chaud au sud, le figuier pousse souvent plus vite, donc mieux vaut intervenir un peu chaque année qu’attendre une grosse reprise.
Une grosse branche de figuier a cassé, je coupe où ?
Recoupez proprement jusqu’à une insertion saine ou jusqu’à une branche latérale capable de prendre le relais. Ne laissez pas un chicot long, il sèche mal et gêne la cicatrisation. Si la plaie est importante, évitez d’ajouter d’autres grosses coupes la même année. Sur un arbre âgé, la suite consiste surtout à rééquilibrer doucement la couronne l’hiver suivant, pas à compenser tout de suite par une taille générale.
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