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Plantes

Bouturer un laurier rose en eau ou en pot

Pour bouturer un laurier rose, la méthode la plus fiable reste le pot, surtout de mai à août. La bouture en eau marche, mais elle reprend souvent mal au rempotage, surtout si les racines ont trop attendu.

Par · 7 min · Mis à jour le 17/08/2026

Boutures de laurier rose en godets et dans un verre d’eau

La méthode la plus sûre

Si vous hésitez entre eau et substrat, notre réponse est simple : pour bouturer laurier rose, nous choisissons le pot presque à chaque fois. En pratique, une tige mise directement dans un mélange drainant fait des racines plus courtes, plus trapues, et elle encaisse mieux la suite. La bouture en eau émet vite des racines, c’est vrai, mais elles sont fragiles. Au rempotage, elles cassent facilement et la plante marque souvent un arrêt net pendant plusieurs semaines.

La meilleure période va de fin mai à août, quand les tiges de l’année commencent à se raffermir sans être du bois dur. En climat doux, vous pouvez encore tenter en septembre, à condition d’avoir de la chaleur la journée et des nuits au-dessus de 15°C. Au printemps précoce, en serre froide ou derrière une baie lumineuse, cela peut prendre aussi, mais c’est moins régulier.

Si vous voulez la méthode la plus tolérante, faites des boutures en pot de 12 à 15 cm de longueur, sur des pousses non fleuries. Gardez seulement deux ou trois feuilles en haut, enlevez le reste, puis enterrez la base sur 3 à 4 cm. Arrosez une fois pour tasser, puis gardez le substrat juste frais. C’est ce que nous faisons en pépinière pour la majorité des lots.

Eau ou substrat, ce qui change

Les deux techniques fonctionnent, mais elles ne servent pas le même objectif. L’eau rassure parce qu’on voit les racines. Le substrat demande un peu plus de patience, mais il prépare mieux la suite. Si vous cherchez seulement à faire raciner quelques tiges sur un rebord de fenêtre, l’eau peut suffire. Si vous voulez garder vos jeunes plants jusqu’au printemps suivant, le pot donne de meilleurs résultats chez nous.

Point comparéBouture en eauBouture en pot
Vitesse d’apparitionSouvent visible en 2 à 4 semainesMoins visible, enracinement utile en 4 à 8 semaines
Contrôle visuelFacile, on voit les racinesFaible, il faut résister à l’envie de tirer
Passage en potSouvent délicat si les racines ont allongéTrès simple, la bouture est déjà en place
Fiabilité à long termeCorrecte sur petites séries, irrégulière ensuiteMeilleure pour l’hiver et le redémarrage
Risque principalEau qui tourne, tige qui noircitSubstrat trop humide, base qui pourrit

Sur le terrain, la faiblesse de l’eau apparaît surtout après. Une bouture qui a fait de longues racines blanches dans un verre n’est pas forcément robuste. Une fois rempotée, elle doit réapprendre un autre milieu. Ce passage se passe mieux si vous la mettez en pot dès que les racines mesurent 1 à 2 cm, pas davantage. Au-delà, nous avons vu beaucoup plus de pertes.

Ce qu’on a vu chez nous

En 2022, sur un lot de Nerium oleander rose pâle, nous avions partagé les tiges entre eau et godets. Les boutures en eau avaient raciné plus vite, mais près d’un mois après rempotage, plusieurs étaient toujours molles à midi. Celles mises d’emblée en godet de 8 cm avaient moins de racines visibles, pourtant elles ont poussé avant les autres en fin d’été.

Comment faire en pot

Prenez une tige saine, sans bouton floral, de 10 à 15 cm. Coupez juste sous un nœud avec un outil propre. Retirez les feuilles du bas, gardez deux feuilles entières ou coupez-les de moitié si elles sont grandes. Le laurier rose a un latex collant, c’est normal. Laissez la coupe sécher quelques minutes à l’ombre, le temps de préparer les pots.

Le mélange que nous utilisons est simple : deux tiers de terreau de semis ou de rempotage tamisé, un tiers de sable grossier ou de perlite. Il faut un substrat aéré, pas riche. Une terre lourde de jardin, surtout argileuse, ralentit tout et favorise la pourriture. Enfoncez la bouture sur 3 à 4 cm, tassez avec les doigts, puis arrosez franchement une première fois.

Le bon environnement

Placez les pots en lumière vive sans soleil brûlant de midi pendant les deux premières semaines. Une température de 20 à 28°C aide nettement. En plein sud, derrière une vitre, la chaleur peut monter trop vite. En climat frais du nord, un coin abrité contre un mur clair aide beaucoup. Le substrat doit rester frais, jamais détrempé. Si vous coiffez avec une bouteille coupée, aérez chaque jour, sinon le feuillage tache ou moisit.

  • Choisissez des godets percés de 8 à 9 cm.
  • Ne laissez pas d’eau stagnante sous les pots.
  • Attendez une légère résistance avant de rempoter plus grand.
  • Pincez l’extrémité au printemps suivant pour favoriser la ramification.

Comment faire dans l’eau

La bouture oleandre dans l’eau se fait avec les mêmes tiges, de préférence semi-aoûtées, ni trop tendres ni totalement dures. Retirez les feuilles basses pour qu’aucune ne trempe. Mettez les tiges dans un verre opaque ou une bouteille sombre avec juste assez d’eau pour couvrir la base sur 2 à 3 cm. Si vous noyez une plus grande longueur de tige, le risque de noircissement augmente.

Placez le récipient à la lumière vive, sans soleil direct prolongé. Changez l’eau tous les 3 à 5 jours en été, plus rarement si la pièce reste fraîche. Quand de petites racines apparaissent, ne vous laissez pas impressionner par leur blancheur. Le bon moment pour rempoter est tôt, quand elles font 1 à 2 cm. Si vous attendez des racines de 5 cm et plus, le passage en substrat se complique souvent.

Le piège

Le lecteur attend souvent trop parce que la bouture a l’air belle dans son verre. C’est là qu’elle tient mal au rempotage. Les longues racines d’eau cassent vite, puis la tige se fane alors qu’elle paraissait bien partie. Rempotez jeune, dans un mélange léger, et ombrez une semaine après la mise en pot.

  • Ne mettez pas plusieurs tiges serrées dans un petit verre.
  • Nettoyez le récipient si un dépôt glissant apparaît.
  • Rempotez dans un godet modeste, pas dans un grand pot.

Selon la saison et votre climat

La saison change beaucoup la fiabilité. En début d’été, de juin à juillet, les deux méthodes marchent, avec un avantage au pot si vous voulez des plants solides pour l’automne. En août, le pot reste très bon si vous pouvez surveiller l’arrosage. En septembre, dans le nord ou en altitude, la fenêtre se referme vite. Les tiges racinent parfois, mais la croissance est trop courte avant l’hiver. Dans le sud littoral, on garde une marge un peu plus large.

Le climat local compte autant que le calendrier. En zone chaude et sèche, l’eau évite au début les coups de sec, mais le rempotage doit être très soigné. En climat océanique frais, le pot sous abri lumineux est souvent plus régulier. En maison chauffée l’hiver, les boutures de fin de saison filent parfois, surtout si la lumière manque. Elles vivent, mais elles ne font pas de bons sujets.

Ce que nous adaptons

En sol argileux dehors, nous ne mettons jamais les jeunes boutures directement en place avant le printemps. En terrain sableux du sud, les jeunes plants sèchent très vite si le pot est trop petit. En plein vent, les feuilles se déshydratent avant que les racines suivent. Dans ces cas-là, nous gardons les godets groupés, à l’abri, jusqu’à voir une vraie reprise.

  • Nord et altitude : démarrez plutôt entre juin et mi-août.
  • Sud doux : possible jusqu’à septembre sous bonne lumière.
  • Pièce intérieure : évitez les coins sombres et trop chauds.

Erreurs fréquentes et suite l’année suivante

L’erreur la plus courante est de prendre une tige en fleurs ou avec des boutons. Elle cherche à finir sa floraison au lieu de s’enraciner. La deuxième est l’excès d’eau. Avec le laurier rose, beaucoup de lecteurs pensent soleil et arrosage abondant. C’est vrai pour un sujet bien installé, moins pour une bouture. Tant qu’elle n’a pas de racines, elle supporte mal un substrat gorgé d’eau froide.

Autre erreur, tirer sur la tige pour vérifier. Si elle résiste, vous avez déjà dérangé les jeunes racines. Observez plutôt le haut : bourgeons qui gonflent, feuillage qui reste ferme le matin, puis apparition de nouvelles feuilles. À l’inverse, une tige qui noircit à la base ou qui se creuse est perdue. Nous la retirons tout de suite pour ne pas garder un pot humide inutilement.

Pour la suite, gardez les jeunes plants hors gel le premier hiver si vous êtes en climat froid. Un local lumineux à 5 à 10°C suffit. Rempotez au printemps dans un pot légèrement plus grand, pas dans un bac démesuré. Commencez un engrais léger quand la reprise est nette. La mise dehors se fait après les dernières nuits froides. La première floraison peut venir vite sur certaines boutures, mais nous préférons souvent la pincer pour former une charpente plus solide.

Si on ne retient qu'une chose
  • De fin mai à août, la bouture en pot est la plus fiable.
  • Prélevez une tige non fleurie de 10 à 15 cm, enterrée sur 3 à 4 cm.
  • En eau, rempotez dès que les racines mesurent 1 à 2 cm.
  • Gardez 20 à 28°C, lumière vive, substrat frais mais non détrempé.
Où vérifier
  • Larousse, Encyclopédie du jardin, repères pratiques sur le laurier-rose, sa multiplication et sa culture en pot
  • Rustica, ouvrages de jardinage sur le bouturage, périodes et gestes pour les arbustes méditerranéens
  • Jardin botanique de la Ville de Nice, ressources sur les plantes méditerranéennes et leurs conditions de culture
  • Truffaut, encyclopédie des végétaux, fiche de culture du laurier-rose et conseils de multiplication
Claire Vasseur Pépiniériste, fondatrice

Claire Vasseur a repris les planches familiales en 2013, après dix années passées en pépinière de production dans le Val de Loire. Elle suit surtout les arbres et les arbustes, leur reprise,...

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Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Peut-on bouturer un laurier rose avec une branche fleurie ?

Vous pouvez essayer, mais ce n’est pas le bon choix. Une tige fleurie ou chargée de boutons consacre une partie de ses réserves à la floraison. Elle racine moins régulièrement et se fatigue plus vite. Prenez plutôt une pousse de l’année, ferme, sans fleur, avec plusieurs nœuds. Si vous n’avez qu’une tige fleurie, supprimez la hampe et raccourcissez le feuillage.

Faut-il mettre de l’hormone de bouturage pour le laurier rose ?

Ce n’est pas indispensable. Le laurier rose racine assez bien sans hormone quand la tige est prise au bon moment, avec chaleur et lumière suffisantes. Une poudre de bouturage peut aider sur des tiges un peu plus dures ou en fin de saison, mais elle ne corrige pas un substrat trop mouillé ni un manque de lumière. Sur nos petites séries, nous nous en passons souvent.

Combien de temps avant de voir si la bouture a pris ?

En eau, vous voyez parfois des racines en deux à quatre semaines. En pot, le délai utile est plutôt de quatre à huit semaines selon la chaleur. Le signe le plus fiable n’est pas la résistance quand on tire, mais le redémarrage du haut. Si de nouvelles feuilles apparaissent et que la tige reste ferme plusieurs jours de suite, la reprise est en bonne voie.

Quand rempoter la bouture de laurier rose en plus grand pot ?

Pas tout de suite. Attendez que les racines tiennent vraiment la motte, ou qu’une reprise nette se voie dans le feuillage. En général, un petit godet suffit pendant plusieurs semaines, parfois jusqu’au printemps suivant pour les boutures tardives. Passer trop vite dans un grand pot garde trop d’humidité autour des racines jeunes, surtout en climat frais.

Une bouture de laurier rose peut-elle passer l’hiver dehors ?

Cela dépend de votre climat et de la taille de la bouture. Un jeune plant en godet gèle plus vite qu’un laurier rose installé en pleine terre. Dans les régions aux hivers froids, nous gardons les boutures hors gel et lumineuses. En climat très doux, certaines passent dehors contre un mur abrité, mais elles souffrent dès que le vent et l’humidité froide s’ajoutent.

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