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Plantes

Bouturer un hortensia sans se compliquer la vie

Pour bouturer un hortensia simplement, prélevez en fin d’été une tige non fleurie de 10 à 12 cm, mettez-la en godet dans un mélange très drainant, puis gardez-la à l’ombre claire et juste humide.

Par · 9 min · Mis à jour le 17/08/2026

Boutures d’hortensia en godets à l’ombre claire d’une pépinière

La méthode simple qui reprend bien

Chez nous, pour bouturer hortensia sans matériel compliqué, on attend la fin août à mi-septembre. La pousse de l’année est encore souple en tête, mais déjà un peu ferme à la base. C’est ce stade qui reprend le mieux en godet. On coupe une tige non fleurie de 10 à 12 cm, avec deux ou trois nœuds. On enlève les feuilles du bas, on raccourcit les grandes feuilles de moitié, puis on pique la bouture dans un petit godet.

Le mélange compte plus que le reste. On utilise un terreau de semis ou de repiquage, coupé avec un matériau drainant. Notre base simple, c’est 2 tiers de terreau, 1 tiers de sable grossier ou de perlite. Le godet doit être percé, et l’eau ne doit jamais stagner dans une soucoupe. Ensuite, on arrose pour tasser, une fois, puis on laisse égoutter.

La suite se joue surtout sur l’emplacement. Les godets restent à l’ombre claire, dehors mais à l’abri du soleil direct de midi et du vent sec. Une température de 18 à 24°C aide bien. En dessous de 12°C, ça ralentit nettement. En plein soleil, les tiges se couchent en une journée. Dans une véranda chaude, elles filent ou moisissent plus facilement.

  • Choisissez des pousses saines, sans bouton floral ni bois noirci.
  • Piquez la tige sur 3 à 4 cm de profondeur, pas plus.
  • Tassez légèrement autour de la base pour éviter les poches d’air.
  • Étiquetez la variété tout de suite, sinon on mélange vite les bleus, roses et blancs.

Quand prélever selon votre climat

La bonne fenêtre dépend de votre météo plus que du calendrier. En climat doux, façade atlantique ou jardin abrité, on peut commencer vers le 15 août et continuer jusqu’à fin septembre. En climat plus continental ou en altitude, mieux vaut viser les trois premières semaines de septembre, quand les nuits restent encore assez douces. Dans le Sud sec, on évite les jours de canicule tardive. Une bouture fraîchement piquée supporte mal un air brûlant, même à l’ombre.

Le bon repère, c’est la texture de la tige. Si elle casse net comme du bois sec, c’est souvent trop dur. Si elle se plie comme une salade, c’est trop tendre. Il faut un entre-deux, ce qu’on appelle un bois semi-aoûté. Vous le sentez au sécateur. La coupe est nette, la tige tient droite, mais reste encore verte.

Si votre sol et votre exposition compliquent les choses

Le sol du jardin compte peu si vous bouturez en godet, mais l’ambiance autour compte beaucoup. En cour minérale chaude, les godets sèchent deux fois plus vite qu’au pied d’une haie claire. En terrain argileux et humide, ce n’est pas le sol qui gêne, c’est souvent l’air plus stagnant. On espace alors davantage les godets et on évite tout couvercle plastique fermé. En jardin venté, on cale les pots dans une cagette ou au pied d’un mur orienté est.

Ce qu’on a vu chez nous

En 2022, sur Hydrangea macrophylla 'Merveille Sanguine', les boutures prélevées le 28 août ont repris plus régulièrement que celles du 20 juillet. Les premières avaient une base déjà ferme, et elles ont raciné en godet de 8 cm sans serre. Les boutures de juillet ont beaucoup plus flétri pendant la première semaine.

Préparer la tige sans la blesser

La coupe doit rester simple. On prélève le matin, quand la plante est encore fraîche. Le sécateur doit être propre, surtout si vous passez d’un pied à l’autre. Une tige avec fleurs ou bouton floral consacre son énergie au mauvais endroit. On la laisse sur le pied mère. Sur la bouture retenue, on garde seulement les deux feuilles du haut, réduites de moitié si elles sont grandes. Cela limite l’évaporation sans priver la tige de toute photosynthèse.

Nous ne mettons pas systématiquement d’hormone de bouturage. Sur l’hydrangea, ça peut aider un peu sur des bois plus fermes, mais ce n’est pas ce qui fait la réussite. Le trio gagnant reste le bon stade de tige, un substrat aéré, et une humidité régulière sans excès. Si vous utilisez une poudre hormonale, très peu suffit. Une base trop chargée noircit parfois plus qu’elle n’aide.

  • Coupez juste sous un nœud pour la base.
  • Supprimez les feuilles basses proprement, sans arracher l’écorce.
  • Ne blessez pas la tige sur le côté pour “aider” à raciner, sur hortensia cela fait souvent plus de dégâts que de bien.
  • Préparez plusieurs godets d’avance pour piquer vite, sans laisser les tiges attendre au soleil.
Le piège

Le sac plastique fermé en plein chaud fait plus souvent pourrir qu’il n’aide. L’air reste trop humide, la condensation mouille les feuilles, puis le collet noircit. Si vous couvrez, il faut aérer chaque jour et garder le dispositif à l’ombre claire, jamais au soleil.

Le bon mélange et le bon godet

Le meilleur compromis pour la bouture hydrangea, c’est un petit contenant qui sèche assez lentement sans rester trempé. Nous utilisons surtout des godets de 8 à 9 cm. Plus grand, le volume de terre reste humide trop longtemps autour d’une tige sans racines. Plus petit, il faut surveiller l’arrosage matin et soir par temps chaud. Le fond doit être bien percé. Une couche de billes au fond n’est pas utile si le mélange est déjà assez drainant.

Le substrat doit tenir un peu d’eau tout en laissant passer l’air. Un terreau pur fonctionne parfois, mais il tasse vite et garde trop d’humidité si l’arrosage est généreux. À l’inverse, un sable pur sèche trop vite en fin d’été. Le mélange ci-dessous donne de bons résultats dans la plupart des jardins.

MélangeQuand l’utiliserCe qu’il faut surveiller
2/3 terreau, 1/3 perliteBalcon, cour abritée, climat humideArroser modérément, la perlite sèche vite en surface
2/3 terreau, 1/3 sable grossierJardin classique, ombre claireBien drainer, éviter le sable fin qui compacte
1/2 terreau, 1/2 perliteSi vous avez tendance à trop arroserSurveiller le dessèchement les jours chauds
3/4 terreau, 1/4 sableSud venté, air sec, pots qui sèchent viteNe pas laisser d’eau en soucoupe

Une fois la bouture piquée, on arrose pour mettre le mélange en contact avec la tige. Ensuite, on reprend seulement quand la surface commence à s’éclaircir. Au doigt, le substrat doit rester frais, pas détrempé. Si vous pressez le godet et que l’eau sort, vous êtes déjà trop loin.

Arrosage, lumière et attente des racines

Les quinze premiers jours sont les plus sensibles. La bouture n’a pas encore de racines pour compenser ses pertes d’eau. Il faut donc limiter la transpiration, pas l’étouffer. Nous gardons les godets dehors, à l’ombre claire, sous une table de culture ajourée ou au pied d’un arbuste caduc. Pas de soleil direct entre 11 h et 17 h. Le matin tôt ou la fin de journée, un peu de lumière douce ne pose pas de problème.

Pour l’arrosage, la règle est simple. On mouille bien au départ, puis on laisse respirer. En fin d’été doux, cela revient souvent à un arrosage tous les 2 à 4 jours. En épisode chaud et venteux, cela peut être quotidien. En temps couvert et humide, on attend davantage. Pulvériser les feuilles ne remplace pas l’arrosage du godet, et favorise parfois les taches et la pourriture.

Comment savoir si ça a pris

On ne tire pas sur la tige au bout d’une semaine. C’est la meilleure façon de casser les radicelles naissantes. Le premier signe utile, c’est une bouture qui reste ferme, puis une petite pousse neuve au sommet. Selon la météo et la variété, les premières racines arrivent souvent en 3 à 6 semaines. Les macrophylla vont assez vite. Certains paniculata et quercifolia peuvent être un peu plus lents.

Une bouture qui reste verte n’est pas forcément enracinée. Une bouture qui fait une petite feuille a déjà franchi un cap. Entre les deux, on attend sans tripoter.

Ce qui fait pourrir les tiges

La pourriture part presque toujours d’un excès combiné, trop d’eau, trop de chaleur, trop d’air immobile. On voit d’abord la base brunir ou noircir, puis la tige se couche d’un coup. Quand cela arrive, il est rare de sauver la bouture. Le plus efficace est de corriger l’ambiance sur les godets voisins. On espace les pots, on arrose moins souvent, on retire tout couvercle, et on vérifie que le mélange ne soit pas tassé.

Autre erreur fréquente, choisir une tige trop tendre. Elle flétrit vite, même si le substrat est frais. À l’inverse, une tige trop dure de fin d’automne prend plus de temps et passe mal l’hiver si elle n’a pas raciné avant le froid. Nous avons aussi arrêté les boutures mises en verre d’eau. Cela peut faire quelques racines blanches fragiles, mais le passage en terre fait souvent perdre la moitié des sujets.

  • Feuilles molles en quelques heures, manque d’ombre ou tige trop tendre.
  • Base noire et odeur de moisi, excès d’eau et air stagnant.
  • Feuilles qui sèchent par les bords, vent sec ou godet trop petit.
  • Aucune évolution après six semaines, tige trop dure, froid précoce ou variété plus lente.

Si une bouture pourrit, jetez aussi le substrat du godet atteint. Nous avons déjà essayé de le réutiliser après séchage. Ce n’était pas une bonne économie. Les pertes revenaient sur le lot suivant.

Après l’enracinement, que faire

Quand la bouture résiste franchement à une légère traction, on ne rempote pas tout de suite dans un grand pot. On attend qu’elle tienne bien son godet, avec quelques racines visibles au trou de drainage ou une motte qui se tient. Ensuite, on passe en pot de 1 litre, dans un terreau plus nourrissant mais toujours souple. Le jeune hortensia reste à mi-ombre. Un soleil direct de l’après-midi marque vite le feuillage neuf.

Si la bouture a pris en septembre, elle passe souvent l’hiver en pot, dehors mais protégée des vents froids et des fortes gelées en pot nu. Dans le Nord et en altitude, on rapproche les godets d’un mur, on les groupe, et on évite les arrosages tardifs avant une nuit très froide. Dans le Sud océanique ou en jardin abrité, un simple coin ombragé suffit souvent, tant que le pot ne sèche pas complètement.

Le repère pour planter au jardin

Nous plantons le plus souvent au printemps suivant, entre mars et avril selon les régions. Une bouture d’automne qui a bien hiverné démarre alors proprement. La mise en pleine terre à la fin de l’automne n’est pas impossible en climat doux, mais elle réussit moins bien chez nous sur les petits sujets. Un jeune hydrangea avec peu de racines souffre vite d’un hiver trop humide ou d’un printemps sec mal suivi.

Si on ne retient qu'une chose
  • Prélevez une tige non fleurie de 10 à 12 cm entre fin août et mi-septembre.
  • Piquez en godet de 8 à 9 cm dans 2 tiers de terreau et 1 tiers de perlite ou sable grossier.
  • Gardez les boutures à l’ombre claire, à 18 à 24°C, avec un substrat frais mais jamais détrempé.
  • Ne tirez pas sur la tige avant 3 à 6 semaines, attendez une pousse neuve ou une vraie résistance.
Où vérifier
  • Larousse, L’encyclopédie des plantes de jardin, repères de multiplication des arbustes et hydrangeas
  • Rustica, ouvrages pratiques de jardinage, techniques de bouturage en fin d’été
  • Société Nationale d’Horticulture de France, fiches et conseils de multiplication des plantes ornementales
  • Jardin du Luxembourg, Sénat, collections et culture des hortensias en jardin français
Claire Vasseur Pépiniériste, fondatrice

Claire Vasseur a repris les planches familiales en 2013, après dix années passées en pépinière de production dans le Val de Loire. Elle suit surtout les arbres et les arbustes, leur reprise,...

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Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Est-ce qu’on peut bouturer un hortensia dans l’eau ?

Vous pouvez essayer, mais ce n’est pas la méthode que nous gardons. Les racines formées dans l’eau sont souvent fines et fragiles. Le passage en terre provoque facilement un arrêt ou une perte de feuilles. En godet, la bouture s’adapte tout de suite au bon milieu. Pour un hortensia, c’est plus simple de piquer directement dans un mélange léger et de surveiller l’humidité.

Faut-il mettre de l’hormone de bouturage ?

Pas forcément. Sur beaucoup d’hortensias, surtout les macrophylla, on obtient de bonnes reprises sans hormone si la tige est au bon stade et si le substrat reste aéré. Une très petite quantité peut aider sur des tiges plus fermes, mais ce n’est pas le point décisif. Le plus gros des échecs vient plutôt d’un excès d’eau, d’un soleil trop fort ou d’une tige mal choisie.

Combien de temps avant de voir des racines ?

Comptez en général trois à six semaines en fin d’été, parfois un peu plus selon la variété et la température. Une bouture qui reste ferme est déjà bon signe, mais cela ne prouve pas encore l’enracinement. Nous attendons une petite pousse neuve ou une vraie résistance dans le godet avant de rempoter. Si le temps fraîchit vite, la reprise peut se décaler jusqu’au début d’automne avancé.

Peut-on bouturer un hortensia en octobre ?

Oui, mais ce n’est plus la période la plus simple dans beaucoup de régions. En climat doux et abrité, cela peut encore prendre avec des tiges semi-aoûtées et des températures correctes. Dans le Nord, en altitude ou si les nuits tombent vite sous 10°C, l’enracinement devient lent. Vous gardez alors des boutures fragiles tout l’hiver. Fin août à mi-septembre reste plus régulier pour une reprise tranquille.

Pourquoi ma bouture d’hortensia reste verte mais ne pousse pas ?

Souvent, elle survit sans encore raciner franchement. Cela arrive si la lumière est trop faible, si la tige est un peu dure, ou si les températures baissent. Tant que la base reste saine et que les feuilles tiennent, il faut patienter et éviter de déranger la tige. Vérifiez aussi que le substrat ne reste pas mouillé en permanence. Une bouture immobile dans un godet trop humide finit souvent par noircir plus tard.

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